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2.1.1. La guerre selon Clausewitz : les réponses

Réponses :

  1. Quelle définition Clausewitz propose-t-il de la guerre ?
    La guerre est définie dans ce texte comme un duel entre Etats. C’est un acte violent où l’objectif est de soumettre l’adversaire à sa volonté.
  2. Qu’est-ce qui distingue les guerres menées par les peuples sauvages des guerres menées par les peuples civilisés ?
    Chez les peuples sauvages, la sensibilité (les passions, l’instinct) l’emportent sur l’intelligence et la réflexion. Le guerre entre Etats civilisés fait davantage appel à l’intelligence.
  3. Pourquoi, malgré cela, les guerres menées entre peuples civilisés ne sont-elles pas moins violentes ?
    Cela ne les rend pas moins violentes car les nations civilisées demeurent « emportées par une haine féroce » de l’adversaire. L’intelligence ne tempère donc pas les passions, mais est au contraire un outil efficace au service des passions (ici la haine). Les guerres d’Etats civilisés ne sont donc pas « un acte purement rationnel des gouvernements. »
  4. Quel autre aspect fait que les guerres entre peuples civilisés sont en réalité plus violentes et plus meurtrières que les guerres menées par les peuples sauvages ?
    Les guerres entre nations civilisées sont plus violentes et plus meurtrières en raison des progrès de la civilisation matérielle qui permet des avancées technologiques, l’invention d’armes plus efficaces et plus destructrices (poudre, armes à feu). Ceci augmente la capacité de destruction et d’anéantissement de l’adversaire.
  5. Sur quel exemple historique s’appuie-t-il pour proposer cette analyse de la guerre ?
    Les guerres qui servent à son analyse sont les guerres révolutionnaires françaises (Valmy, 1792) et les guerres napoléoniennes (Austerlitz, 1805).
  6. Si la guerre est « la poursuite de la politique par d’autres moyens », que doit-on en conclure sur la place présente et future de la guerre dans les sociétés civilisées (selon Clausewitz) ?
    Selon cette analyse, la civilisation n’a pas vocation à faire reculer la violence et la guerre. Clausewitz ne condamne pas la guerre et ne recherche pas les moyens de garantir la paix (contrairement à Kant, Vers la paix perpétuelle, 1795). Sa logique au contraire nous indique que les progrès technologiques (bientôt accéléré par le révolution industrielle au XIXe siècle) offriront aux Etats belligérants un pouvoir de destruction toujours plus grand (voir massacres de populations en Afrique durant la colonisation ou bien les 600 000 morts de la Guerre de Sécession aux Etats-Unis).
  7. Quel élément nouveau apporte la Révolution française au déroulement des guerres vers 1800 (doc 3 p. 111) ?
    Avec la Révolution française (1789-1799), la guerre devient « l’affaire du peuple » : elle devient nationale. Plus seulement une guerre entre Etats (gouvernements) mais une guerre entre nations. Elle n’est plus faite par des soldats professionnels (mercenaires) mais par des « citoyens de l’Etat ». Ces nouvelles guerres vont permettre l’essor des nationalismes au XIXe et XXe siècles. C’est une énergie nouvelle et énorme mise au service de la guerre qui va « brutaliser » encore plus la guerre aux XIXe et XXe siècles.
  8. Expliquez ce jugement de Clausewitz formulé dans le document 5 : « Depuis l’époque de Bonaparte, la guerre […] s’était approchée plus près de sa vraie nature, de son absolue perfection.[…] La violence primitive de la guerre, libérée de toute restriction conventionnelle, explosait ainsi dans toute sa force naturelle. »
    La « guerre absolue » que mène Napoléon selon la définition proposée par Clausewitz est une guerre qui rejette les usages traditionnels de la guerre observés aux XVIIe et XVIIIe siècles (la « guerre en dentelle »). C’est une guerre qui revient à la violence primitive de la guerre et à sa vraie nature : anéantir totalement l’adversaire sans avoir à se soucier d’usages, de règles ou de conventions. La différence avec la guerre primitive des peuples sauvages, c’est la maîtrise de la science de la guerre (stratégie, tactique) et le fait de disposer d’armes modernes et puissantes. La « guerre absolue » s’oppose donc à toute idée d’un « droit de la guerre ». Et elle annonce le stade suivant : la « guerre totale ».
  9. Quel lien peut-on établir entre l’analyse de Clausewitz et cette phrase de F. Mitterrand : « Le nationalisme, c’est la guerre ? »
    Presque 2 siècles après Clausewitz, F. Mitterrand rappelle les ravages que ces guerres ont causés en Europe (1GM, 2GM…). Il est d’accord avec Clausewitz pour dire que le carburant de ces guerres contemporaines, ce sont les haines nationalistes qui ont opposé les peuples aux peuples : « le nationalisme, c’est la guerre ». Mais alors que Clausewitz se réjouit de cette situation qui lui semble « naturelle », F. Mitterrand la dénonce et lui oppose le projet de coopération entre les peuples, au moins à l’échelle de l’Europe (UE en 1995).

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