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Monthly Archives: septembre 2022

4.2.3. Tourisme culturel à Venise : entre valorisation et protection

Venise voudrait moins de touristes
Le tourisme : une menace pour le patrimoine
La révolte ?
Venise se vide de ses habitants

https://www.lesinrocks.com/2018/06/08/actualite/societe/le-tourisme-est-il-en-train-de-tuer-venise/

https://www.lepoint.fr/societe/tourisme-l-appel-au-secours-de-venise-a-l-unesco-20-06-2019-2320191_23.php

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/restauration-hotellerie-sports-loisirs/venise-le-tourisme-menace-son-patrimoine_2658664.html


Sujet :
Pourquoi tourisme et patrimonialisation
fonctionnent-ils à la fois en interaction et en opposition ?
L’exemple de Venise.

Plan d’étude :

  1. Tourisme et patrimoine : à l’origine, il y avait des rapports de complémentarité.
  2. Cependant, l’essor du tourisme (fin du XXe s.) a fait se développer des tensions entre valorisation touristique, protection du patrimoine et vie urbaine.
  3. Alors des solutions sont envisagées pour concilier ces enjeux parfois contradictoires.

>> Documents du manuel : p. 274-275.

Cette étude peut prendre 2 formes :

  • Etude de 2 documents
  • Dissertation

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Plan proposé par le manuel :

Consigne :

retrouvez dans les 2 textes les éléments de réponse aux différentes sous-parties de ce plan.

1. Développement touristique et patrimonialisation : des rapports de complémentarité

1.1. Historiquement, le tourisme et le patrimoine se sont développés ensemble.

1.2. Car le tourisme a déclenché la patrimonialisation des villes en mettant en lumière leurs singularités.

2. Cependant, les excès de la fréquentation touristique mettent en péril le patrimoine.

2.1. Le tourisme de masse constitue un facteur de dégradation du patrimoine local.

2.2. Le surtourisme entraîne une spéculation immobilière facteur de gentrification et de muséification des villes.

3. Mise en œuvre de stratégies visant à concilier tourisme et protection du patrimoine.

3.1. Les mesures des acteurs publics visent à sanctionner les incivilités et les pratiques touristiques inappropriées
tout en encadrant le tourisme de masse.

3.2. Cependant, les acteurs locaux cherchent davantage à canaliser le tourisme qu’à le limiter
car cette fréquentation génère des ressources financières nécessaires à la conservation patrimoniale.

4.2.2. Destruction, protection, restauration : la question patrimoniale au Mali

Manuel : p. 272-273

https://whc.unesco.org/fr/etatsparties/ml

Destruction : quoi, qui, quand, pourquoi ?

quoi ?que sont ces mausolées de Tombouctou ?
qui ?qui sont ces groupes islamistes représentés par le personnage au 1er plan ?
quand ?resituer la situation géopolitique de 2012 dans un cadre géographique plus large
pourquoi ?comment ces groupes islamistes justifient-ils ces destructions ?
une vidéo indiquez une adresse URL et précisez l’origine de cette vidéo en datant les images

.

4.2.1. Paris : entre protection du patrimoine et nouvel urbanisme

Carte de Cassini (XVIIIe s.) – site Géoportail – IGN

manuel Nathan, p. 270-271

4.2.1.1. Analyse de la carte « Patrimoine et nouvel urbanisme à Paris ».

>> Analyser la légende de la carte
fonctions métropolitaines– quelles sont ces fonctions ?
– comment est géographiquement orienté l’axe historique du pouvoir ?
– comment expliquer cette orientation ?
un patrimoine valorisé– à quelle partie de l’espace parisien correspond le « périmètre de l’UNESCO » ?
https://whc.unesco.org/fr/list/600
– classez dans l’ordre les 5 sites les plus visités
– quel est le point commun géographique des quartiers d’immeubles de grande hauteur à Paris ?
– comment l’expliquer ? (voir doc 3)

un nouvel urbanisme– listez les « grands aménagements » présidentiels
– quelle est la particularité géographique des grands aménagements décidés par les présidents de la Ve République ?
– quel a été le plus grand « aménageur » de ces présidents ?
– choisissez un des conflits d’aménagement indiqués sur cette carte et préparez un cours exposé oral de ce conflit (nature de projet, éléments du conflit, acteurs, etc.)

4.2.0. La préservation du patrimoine : entre tensions et concurrences

4.2.1. Patrimoine / urbanisation : Paris

4.2.2. Destruction, protection, restauration : la question patrimoniale au Mali

4.2.3. Tourisme culturel (Venise) : valorisation et protection

Question : faut-il reconstruire les monuments détruits ?

Un exemple d’une « question » pour le Grand Oral

Le Monde (2018-2019)

Un violent incendie a détruit une partie de Notre-Dame de Paris, lundi 15 avril 2019. « Cette cathédrale, nous la rebâtirons », a déclaré Emmanuel Macron une fois arrivé sur les lieux, dans la nuit, annonçant l’ouverture d’une « souscription nationale ». Au-delà de la question des moyens alloués, faut-il reconstruire la cathédrale à l’identique ? Et si oui, selon quelles méthodes ?
De telles questions se sont déjà posées pour la Frauenkirche de Dresde, le pavillon d’or de Kyoto ou encore le temple du ciel de Pékin. Tous trois ont été entièrement rebâtis bien après leur construction initiale. Pour certains, ce manque « d’authenticité », c’est-à-dire de fidélité à l’histoire, les dévalorise en tant que monuments historiques.
En France, et dans plusieurs pays d’Europe, la non-reconstruction des monuments disparus est même érigée au rang de doctrine depuis le début du XXe siècle. Cette vision des choses est loin d’être partagée partout dans le monde. Au Japon, où l’architecture est historiquement fondée sur le bois plutôt que la pierre, la reconstruction des monuments historiques est une coutume ancestrale, porteuse de sens culturel et historique.
Depuis vingt-cinq ans, la notion d’authenticité historique a ainsi été élargie par la communauté internationale à des considérations immatérielles, comme la tradition ou la fonction d’un monument. Aujourd’hui, cette authenticité immatérielle est l’un des arguments utilisés par certains en France pour remettre en question la doctrine de non-reconstruction. A Saint-Denis, par exemple, le projet de reconstruction de la flèche de la basilique, approuvé par le gouvernement en 2017, cristallise cette opposition. Faut-il reconstruire les monuments disparus ? Explications dans cette vidéo initialement publiée en décembre 2018.

« rien à voir » (ou presque) : complots à CSS ?

Info ou intox ? Cette photo aurait été prise dans une des salles de classe de notre lycée. Vérité alternative ? Manipulation grossière ? Comment savoir ?

Des questions qui renvoient au thème de l’information et à celui de la démocratie, étudiés en classe de 1re, et au thème de la connaissance (thème 6) étudié en classe de terminale (au programme de l’écrit de mars 2023).

Un certain nombre de théories du complot se trouvent représentées ici : saurez-vous les identifier ? L’enquête est ouverte. A vous de faire… si le cœur vous en dit… Une piste pour une « question » de Grand Oral.

4.1.3. Cours et synthèse

cours 1 – p. 250-251
cours 2 – p. 252-253
synthèse – p. 262

4.1.2.2. La Grèce exige le retour des frises du Parthénon : le corrigé

Réponses / corrigé :

  • exposer le contexte en 1801 et le contexte en 2020.

    En 1801, la Grèce appartient à l’Empire ottoman depuis le XIVe s. Elle a auparavant été byzantine et romaine. Et il n’y a jamais eu d’Etat grec à proprement parler puisque la Grèce antique était constituée de nombreuses cités-Etats dont Athènes et Sparte. La proclamation de l’indépendance de la Grèce date de 1830. C’est alors seulement qu’Athènes en devient la capitale et la colline de l’Acropole son symbole. En 2020, la Grèce fait partie de l’Union européenne et le Royaume-Uni en sort. C’est l’occasion pour la Grèce d’inclure cette question dans les négociations du Brexit.

    https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/londres-craint-que-la-restitution-des-frises-du-parthenon-s-invite-dans-les-negociations-du-brexit-20200220
  • quels sont les « acteurs » cités dans l’article ? En existe-t-il d’autres ?

    Le gouvernement grec (la Grèce), le Royaume-Uni (Londres), l’Empire ottoman (début du XIXe s.), le British Museum de Londres, le diplomate britannique Lord Elgin, les comités internationaux soutenant la restitution des marbres du Parthénon (dont l’Association internationale pour la réunification des sculptures du Parthénon), la ministre grecque de la Culture (Lina Mendoni), l’UNESCO (organisation liée à l’ONU), le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Autres : les opinions publiques, le peuple grec, les personnalités (people), d’autres Etats se trouvant dans la même situation que la Grèce par rapport à une spoliation ancienne….
  • l’enjeu matériel (les frises et autres marbres) : de quoi parle-t-on exactement lorsqu’on parle des frises du Parthénon ?

    Les frises du Parthénon sont en marbre et de style ionique (sur un bâtiment dorique). Elles mesurent 160 mètres de long et représentent 378 figures humaines et 245 animaux. L’ensemble entourait le sékos (partie fermée) du Parthénon qui est situé sur l’Acropole d’Athènes. Il fut sculptée sous la direction de Phidias entre 442 et 438 av. J.-C.
    (d’après wikipedia)
  • que s’est-il passé exactement à Athènes puis à Londres au début du XIXe siècle ?

    Lord Elgin, en 1801, obtint de l’empire ottoman un accès à l’Acropole.
    Un tiers des côtés sud et nord de la frise fut enlevé. En 1802, la moitié du décor sculpté du Parthénon fut aussi enlevée. À l’automne 1802, encore sept nouvelles plaques. Les travaux continuèrent jusqu’en 1804-1805. Les caisses furent envoyées à Londres.
    Lord Elgin loua une résidence sur Park Lane pour exposer sa collection en 1807 dans un « abri de jardin » ; les marbres furent rapidement très à la mode.
    Au début des années 1810, ce pillage fut dénoncé par le poète Lord Byron. Pressé par les problèmes financiers, Lord Elgin chercha à vendre sa collection. Le gouvernement anglais la racheta et installa les marbres au British Museum.
    (d’après wikipedia)
  • quelles ont été les étapes de la controverse depuis ?

    1832-1848 : négociations entre la Grèce et le Royaume-Uni
    1983 : la ministre de la Culture de l’époque, Melina Mercouri, réclame le retour des frises à Athènes.
    1997 : le nouveau ministre de la Culture britannique déclare à la BBC que le retour des marbres d’Elgin n’était “ni faisable ni raisonnable”.
    2008 : ouverture du nouveau musée de l’Acropole à Athènes
    2014 : l’Unesco demande le retour des frises du Parthénon
    2020 : la Grèce formule une nouvelle demande de restitution
  • quels ont été les arguments utilisés dans la controverse depuis 1801 jusqu’à 2020 ?

    Le gouvernement grec avance 2 arguments :
    le premier fait valoir que tout État doit pouvoir être propriétaire d’un élément essentiel de son patrimoine culturel ou historique ;
    le second est que la frise a été achetée au gouvernement ottoman qui ne représentait pas le peuple grec.
    À cette argumentation, le gouvernement britannique répond que la frise a été achetée au représentant de l’autorité souveraine en fonction au moment de la vente, c’est-à-dire l’Empire ottoman et que l’État britannique en est donc le légitime propriétaire. Quant au British Museum, il répond que les éléments de la frise font partie du patrimoine mondial et qu’elles sont plus accessibles au public à Londres qu’à Athènes. Les partisans du British Museum prétendent, également, que les marbres ont été mieux conservés à Londres que dans la pollution athénienne. (wikipédia)
  • quels sont les enjeux géopolitiques et patrimoniaux en 2020 ?

    En 2020, la Grèce sort d’une décennie marquée par une crise financière et économique majeure. Elle cherche à réaffirmer sa place dans l’UE et plus généralement dans l’Europe. Cela passe par le rappel du rôle fondateur de la culture grecque dans la civilisation européenne dans un moment où la Grèce doit faire face à la « nouvelle politique ottomane » du président Turc R.T. Erdogan. L’Europe a donc toutes les raisons d’écouter la demande grecque concernant la restitution des frises du Parthénon, surtout dans le contexte du Brexit.

  • citez d’autres exemples de problématiques similaires en France actuellement.

    Par exemple les biens pillés durant la colonisation.
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-lhistoire/le-journal-de-lhistoire-du-mardi-22-septembre-2020

4.1.2.1. Conflits de patrimoine : les frises du Parthénon depuis le XIXe siècle

La Grèce exige de Londres le retour des frises du Parthénon

Présentation du sujet :

https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000001518/athenes-et-londres-se-disputent-les-frises-du-parthenon.html

Sitographie :

https://www.connaissancedesarts.com/archeologie/athenes-vs-lebritish-museum-les-negociations-du-brexit-relancent-le-debatautour-de-la-restitution-des-marbres-du-parthenon-11133338/

https://www.nouvelobs.com/culture/20141211.OBS7630/marbresdu-parthenon-un-tresor-geostrategique.html

Article :

https://www.lepoint.fr/monde/la-grece-exige-de-londres-le-retour-des-frises-du-parthenon-23-05-2020-2376640_24.php

Ces marbres sont à Londres depuis le début du XIXe siècle.
Le Royaume-Uni refuse, jusqu’à présent, de les rendre à la Grèce.

Source AFP. Publié le 23/05/2020| Le Point.fr

La Grèce a formulé, samedi 23 mai, une nouvelle demande au Royaume-Uni pour que celui-ci lui retourne les frises en marbre du Parthénon, actuellement exposées eu British Museum de Londres. Ces frises, représentant des batailles mythiques entre les Grecs et des centaures, ont été extraites sur le site du Parthénon au début du XIXe siècle (1801) par le diplomate britannique Lord Elgin. Londres a toujours affirmé que ce « prélèvement » s’était effectué avec l’autorisation des autorités ottomanes qui dirigeaient la Grèce à l’époque.
« La réouverture des sites archéologiques […] est l’occasion pour les comités internationaux soutenant la restitution des marbres du Parthénon de réaffirmer leur demande incessante et celle du gouvernement grec d’un retour définitif des marbres dans leur patrie », écrit la ministre grecque de la Culture, Lina Mendoni, dans un communiqué. Les marbres ont été l’objet d’« un pillage » et la Grèce ne reconnaîtra jamais la propriété du British Museum sur les frises, affirme Lina Medoni.
Après deux mois de fermeture due à la pandémie de nouveau coronavirus, la Grèce a rouvert le 18 mai, sous strictes conditions sanitaires, l’Acropole d’Athènes, l’un des sites antiques les plus visités au monde, qui abrite notamment le mondialement célèbre Parthénon (…).
La Grèce fait campagne depuis plusieurs décennies pour la restitution des marbres et a un temps envisagé de poursuivre Londres devant la justice. Mais ces dernières années, Athènes a privilégié la voie diplomatique, proposant une médiation de l’Unesco (institution de l’ONU chargée de la culture et de l’éducation), une offre rejetée par le British Museum.

Élu en juillet 2019, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a officiellement demandé que ces frises soient prêtées à Athènes pour les célébrations du 200e anniversaire de l’indépendance grecque en 2021.

Questions :

  1. comparez le contexte géopolitique Royaume-Uni / Grèce de 1801 à celui de 2020.
  2. quels sont les « acteurs » cités dans l’article ? En existe-t-il d’autres ?
  3. l’enjeu matériel (les frises et autres marbres) : de quoi parle-t-on exactement lorsqu’on par le des frises du Parthénon ?
  4. que s’est-il passé exactement à Athènes, puis à Londres, à propos de ces frises au début du XIXe siècle ?
  5. quelles ont été les étapes de la controverse depuis cette époque ?
  6. quels ont été les arguments utilisés dans la controverse depuis 1801 jusqu’à 2020 ?
  7. quels sont les enjeux géopolitiques et patrimoniaux en 2020 ?
  8. citez un autre exemple d’une problématique similaire ( = liée à des questions de restitution) – en France par exemple – aujourd’hui.

4.1.1.3. Le château de Villers-Cotterêts : un chantier très politique

Sur l’usage politique du patrimoine (octobre 2020) :

https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/10/12/patrimoine-villers-cotterets-le-chantier-tres-politique-de-macron_6055646_3246.html

Patrimoine : le château de Villers-Cotterêts, le chantier très politique de M. Macron

Emmanuel Macron veut transformer ce château de la Renaissance en « une cité internationale de la langue française ».

Par Cédric Pietralunga, 12 octobre 2020

Laissé à l’abandon, le château de Villers-Cotterêts (Aisne) connaît depuis la rentrée une activité inédite. Près de 200 ouvriers s’y croiseront. Leur mission : transformer la demeure Renaissance, édifiée à partir de 1532 par François Ier , aujourd’hui à l’état de ruine, en une « cité internationale de la langue française » car c’est dans la chapelle du logis royal qu’a été signée en 1539 l’ordonnance imposant l’usage du français dans les documents administratifs et judiciaires, jusqu’alors rédigés en latin.

En mars 2017, alors en campagne pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron doit tenir ce soir-là un meeting à Reims, où il compte dévoiler son programme en matière de culture. Pour illustrer son propos, son équipe a décidé de faire un arrêt à Villers-Cotterêts, où Brigitte Macron l’accompagne. Soutien du candidat, Jacques Krabal, député radical de l’Aisne, insiste pour l’emmener au château, même si le logis royal est déjà inaccessible.

« Emmanuel et Brigitte sont entrés dans la cour extérieure, où des élus les attendaient pour leur présenter un projet de réhabilitation. Celui-ci prévoyait de transformer les lieux en hôtel et casino, avec des fonds privés. Quand ils ont entendu ça, Brigitte a levé les yeux au ciel et Emmanuel a dit qu’on ne pouvait pas laisser faire. » Le soir même, le futur chef de l’Etat annonce que s’il est élu, il rouvrira le château pour en faire « l’un des piliers symboliques de notre francophonie ». Une décision prise « en quelques heures », selon Jacques Krabal.

Mais une fois la décision prise, reste à la mettre en œuvre. Une gageure, tant le lieu est méconnaissable. Propriété de l’Etat depuis la Révolution française, le domaine a connu bien des vicissitudes. Reconverti en caserne puis en dépôt de mendicité au début du XIXe siècle, le château a pris peu à peu un aspect carcéral. Transformé en maison de retraite pour nécessiteux en 1889, le « petit Chambord » a peu à peu perdu son caractère royal. Au plus fort de sa fréquentation, près de 2 000 personnes s’y entassent.

Résultat : la quasi-totalité des pièces du château sont aujourd’hui vierges de toute décoration d’époque et il y règne une atmosphère de sanatorium décrépit. Les toits ont été recouverts de plaques en acier, pour éviter les infiltrations d’eau sur les murs léprosés. « Villers-Cotterêts, c’est un des plus grands scandales patrimoniaux de notre histoire », dit Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN).

Les seuls vestiges de l’époque Renaissance sont la chapelle royale et deux escaliers sculptés à l’entrée du logis. Mais leurs décorations sont plus belles que celles de Chambord. Dans la chapelle, la corniche ornée du chiffre royal « F » et de salamandres – l’animal choisi comme emblème par François Ier – est dans un excellent état de conservation. Sous les toits de tôle, il reste aussi des charpentes d’origine, intactes depuis le XVIe siècle.

« La restauration de Villers-Cotterêts peut être considérée comme le grand chantier d’Emmanuel Macron, au même titre que la Pyramide du Louvre le fut pour François Mitterrand ou le Musée du quai Branly pour Jacques Chirac », assure Stéphane Bern.

Le chef de l’État a décidé de prendre en charge la totalité du coût du chantier, soit 185 millions d’euros
C’est le chef de l’Etat qui a eu l’idée de transformer le domaine royal en « cité de la langue française », qui espère accueillir 200 000 visiteurs par an. Une référence à l’ordonnance signée en 1539, mais aussi au lieu de théâtre que fut le château picard : le Tartuffe de Molière y fut joué en 1664 devant Louis XIV et son frère Philippe d’Orléans. « L’objectif est de restaurer le château pour y accueillir un parcours consacré à la langue française, mais aussi des résidences pour écrivains, des formations à la lutte contre l’illettrisme, des entreprises de traduction, une librairie… », énumère-t-on à l’Elysée.

Emmanuel Macron a décidé de prendre en charge la totalité du coût du chantier, soit 185 millions d’euros. A l’origine, l’Etat ne devait apporter que 85 millions, le reste provenant d’investisseurs privés… Quelque 25 millions d’euros de mécénat étaient également envisagés. Un accord avec les Emirats arabes unis, sur le modèle de celui avec le Qatar pour l’hôtel de la Marine, à Paris, a été un temps discuté mais finalement abandonné.

Le chef de l’Etat a tranché cet été : 100 millions d’euros du plan de relance seront alloués au projet, qui compléteront la dotation initiale. L’Etat prendra notamment à sa charge la restauration des parties du domaine destinées à accueillir des opérateurs privés. « Sans cela, les investisseurs ne venaient pas, l’opération n’était pas viable économiquement pour eux, assure-t-on Rue de Valois. Avec 185 millions, on réalise l’ensemble de la partie culturelle mais aussi le clos et le couvert de la partie destinée au privé. » Une pépinière de start-up et deux hôtels sont envisagés. « L’Etat fait un geste fort pour se racheter de ses fautes », plaide l’entourage de M. Macron.

Pour le chef de l’Etat, ce chantier a également une valeur symbolique forte. C’est volontairement qu’il a choisi une ville de province, dirigée depuis 2014 par un maire Rassemblement national (RN), dans une région déshéritée et désindustrialisée, pour y réaliser le seul grand chantier de son mandat.
« Ce projet est aussi un enjeu de reconquête républicaine, affirme une conseillère. Villers-Cotterêts est emblématique de la volonté du président de ne pas oublier les lieux isolés, enclavés. Ces lieux font la France au même titre que les autres. »

« Emmanuel Macron pense que lorsque les Français voient leur patrimoine tomber en ruines, c’est l’Etat qui les abandonne, approuve Stéphane Bern. Tous les présidents ont voulu leur grand monument. Qu’un jeune chef d’Etat ne se jette pas dans l’art moderne mais dans le patrimoine est un beau symbole. »

Questions :

  1. Qui a fait édifier le château de Villers-Cotterêts ? A quelle époque ?
  2. Qu’est devenu ce lieu depuis la Révolution française ?
  3. Dans quel état se trouve ce château en 2017 ?
  4. A quels autres chantiers présidentiels ce chantier peut-il être comparé ?
  5. Quel est le projet mis en avant pour ce monument ?
  6. A quels événements historiques se réfère-t-il ?
  7. Quel est le coût estimé de ce projet ?
  8. Qui va le prendre en charge ?
  9. Quels seront les usages de ce site ?
  10. Quel est l’autre sens politique de ce choix d’un château à Villers-Cotterêts ?

Actualité :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/le-sommet-de-la-francophonie-2024-se-tiendra-au-chateau-de-villers-cotterets-dans-l-aisne-un-signe-de-confiance-et-d-espoir-2658992.html