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2.3.5.1. Conclusion 1 : la paix est-elle possible au Moyen-Orient ?

==> manuel Nathan : p. 156-157

1ers acteurs de la paix :

Questions :

1. Quels sont les États du Moyen-Orient dont l’existence a été sérieusement menacée depuis 1948 ?

2. Quels sont les États qui interviennent de manière indirecte dans la guerre civile au Liban (1975-1989) ?

3. Quels sont les États qui interviennent de manière indirecte dans la guerre civile en Syrie depuis 2011 ?

4. Quelle est la grande puissance dont l’influence décline actuellement au Moyen-Orient ?

5. Quelle est la puissance dont l’influence se rétablit au Moyen-Orient depuis 2011 ?

6. Quelles sont en 2022 les puissances régionales incontournables du Moyen-Orient pour espérer établir la paix ?


2e acteur de la paix : l’ONU

A voir :

https://www.publicsenat.fr/emission/un-monde-en-docs/peut-on-reformer-l-onu-48747

https://www.publicsenat.fr/emission/documentaires/onu-la-diplomatie-du-silence-48687

Question :

Sur la période allant de 1947 à 2020, quand a-t-on pu trouver un consensus international suffisant à l’ONU pour lui permettre d’agir efficacement pour la paix au M-O ?


3e acteurs de la paix : les acteurs non étatiques

Question :

Ces acteurs non-étatiques sont-ils un élément de la voie vers la paix ou au contraire une nouvelle difficulté qui va compliquer la résolution des conflits au M-O ?


La paix est-elle possible au Moyen-Orient ? Un dernier élément de réponse.

https://www.la-croix.com/Monde/Au-Moyen-Orient-normalisation-sans-paix-2020-09-20-1201115035

Au Moyen-Orient, la normalisation sans paix
(accords d’Abraham – sept. 2020)

Le 15 septembre 2020, Israël a signé à Washington des accords de normalisation de ses relations avec les Émirats arabes unis et Bahreïn, sans contrepartie d’une relance du processus de paix avec les Palestiniens. Cette avancée traduit la montée des préoccupations nationales – en particulier la peur de l’Iran – au détriment de l’ancienne « solidarité arabe ».

Anne-Bénédicte Hoffner, 21/09/2020

Une table, une pelouse, de hauts responsables américain, israélien et arabes apposant leur paraphe au bas de documents baptisés « accords d’Abraham »… À l’exception de la poignée de main rendue impossible par le Covid-19, il était difficile de ne pas penser aux accords d’Oslo paraphés sous l’égide Bill Clinton en 1993 en regardant les images de la cérémonie organisée le 15 septembre dernier dans les jardins de la Maison-Blanche. Donald Trump, désormais candidat au prix Nobel de la paix, n’a-t-il pas promis à ses invités israélien, émirien et bahreïni « l’aube d’un nouveau Moyen-Orient après des décennies de divisions et de conflits » ?

À cinquante jours de l’élection présidentielle, le président le plus imprévisible des États-Unis est-il en passe de réussir là où ses prédécesseurs, y compris Barack Obama, avaient échoué ? Son « ami » Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, veut y croire : à l’entendre, les accords de normalisation de leurs relations scellés entre Israël, les Émirats arabes unis et le petit royaume de Bahreïn constituent un « tournant de l’histoire », l’opportunité tant attendue de « mettre fin au conflit israélo-arabe une fois pour toutes ».

Le ministre émirien des affaires étrangères, Abdallah ben Zayed Al-Nahyane, a d’ailleurs pris soin de le remercier d’« avoir stoppé l’annexion de territoires palestiniens ». En réalité, cette annexion – prévue dans le « plan de paix » américain annoncée en fanfare début janvier et qui n’a effectivement pas eu lieu le 1er juillet – n’est que « suspendue », selon les mots du premier ministre israélien lui-même…

Cette entente conclue avec des monarchies du Golfe dont les influents Émirats arabes unis augure-t-elle réellement d’une ère nouvelle dans la région ? Beaucoup restent circonspects. En premier lieu, il ne s’agit pas d’accords de paix car ils ne mettent pas fin à un conflit ni ne résolvent un différend. Comme leur nom l’indique, ils ne font que « normaliser » – autrement dit rendre publics – des liens discrets et informels qui ont perduré même après la seconde intifada en 2000 et la fermeture des « bureaux d’intérêt » (version réduite d’une ambassade) réciproques.

« De toute façon, l’ambition de Trump n’est pas la paix mais plutôt une forme de stabilisation dans la région par la concrétisation d’un rapport de force favorable à Israël », assure Xavier Guignard, spécialiste de la Palestine au sein du centre de recherche indépendant Noria Research.

Loin de favoriser la paix, ces accords pourraient plutôt la compliquer, prévient le politologue Bertrand Badie. « Ce sont des accords de coalition : ils visent à renforcer la coalition entre Tel-Aviv, Washington et les monarchies du Golfe contre l’Iran. Or on ne connaît pas une paix construite sur le renforcement des clivages ». Les conséquences qu’il entrevoit sont inquiétantes : un « raidissement » des Palestiniens, le « renforcement en retour » de la coalition iranienne entre Téhéran et ses satellites, et in fine, « un écheveau plus inextricable » encore en Syrie, en Irak ou au Liban…

Si tournant il y a, il est tout autre : ce qu’entérine la cérémonie de Washington est bien davantage la fin d’une « solidarité arabe » – déjà fragile – au profit de préoccupations nationales, voire intérieures. « Jusqu’à présent, les pays arabes refusaient la normalisation pour trois raisons », rappelle Flavien Bourrat, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire à Paris. « La mauvaise volonté flagrante des Israéliens ; la solidarité entre pays arabes ; et le souci de leur opinion publique. Désormais, la deuxième condition n’existe plus ».

La cérémonie du 15 septembre organisée dans les jardins de la Maison-Blanche a fait voler en éclat la ligne de conduite adoptée en 2002 par la Ligue arabe sous le nom d’Initiative de paix arabe – pas de normalisation sans création d’un État palestinien – et, avec elle, toute idée de contrepartie. Désormais les dirigeants arabes ont la tête ailleurs. Le renversement de Saddam Hussein en 2003 et le début de ce qui a été perçu dans le monde sunnite comme une montée en puissance du chiisme, puis le progressif désengagement américain de la région, bousculent leur agenda.

Ils se découvrent avec Israël des ennemis communs – l’Iran, les Frères musulmans – et une furieuse envie de profiter de l’expertise technologique israélienne en matière agronomique mais aussi militaires et sécuritaires. « La fracture arabo-iranienne, pour ne pas dire sunnito-chiite, remplace la fracture arabo-israélienne », résume Raphaël Gourrada, chercheur à l’EHESS.

Si la logique politique qui sous-tend ces accords est assez claire, l’inconnue reste du côté de leur réception dans les sociétés (opinions publiques) de la région. « Côté israélien, ces accords sont d’autant plus vendables qu’ils ne font aucun compromis », estime Xavier Guignard. Du côté des petites monarchies de la péninsule arabique signataires, le musellement des opinions publiques assure un calme de surface : les réactions ont été rares, à l’exception des protestations émises par quelques ONG à Bahreïn.

Mais ceux qui affirment qu’un accord est imminent avec la monarchie saoudienne sous-estiment sans doute la difficulté pour la « gardienne des lieux saints de l’islam » de signer un accord alors que Jérusalem reste « sous occupation sioniste ». Le risque serait grand pour elle de se voir contester son rôle au sein de la communauté musulmane par l’Iran ou même la Turquie.

Se souvenant du sort tragique du président égyptien Anouar el-Sadate, les dirigeants arabes mesurent aussi le risque de renforcer l’opposition islamiste dans leurs sociétés respectives. Car d’« arabe », la cause palestinienne est progressivement devenue « islamique », rappelle Flavien Bourrat. « Les pays arabes sont pris dans une sorte de piège : ils ont brandi tellement longtemps la cause palestinienne avec des discours anti-israéliens, et parfois anti-juifs, que ceux-ci sont malheureusement dans les têtes d’une partie de leurs concitoyens, restée sur le registre de l’intransigeance ».

Et si la haine « anti-sioniste » est, ici ou là, mise en sourdine au nom de nouveaux impératifs politiques, elle fait hélas place, constatent les chercheurs, à des discours anti-chiites tout aussi vigoureux.

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