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4.0.5.1. Un exemple de patrimoine privé : un cabinet de curiosités au XVIIe siècle


Qu’est-ce qu’un cabinet de curiosité ?

https://histoire-image.org/etudes/cabinets-curiosites

France3 – Nouvelle Aquitaine – juin 2020
L’exposition « les chambres des merveilles » au château de Cadillac, vous invite à partir à la découverte de cabinets de curiosités animés, lumineux ou sonores où sont réunis plusieurs centaines d’objets étonnants.
Reportage : Nathalie Pinard de Puyjoulon, Dominique Mazères


Une oeuvre pour comprendre :

Frans Franken II (1581-1642), Cabinet d’art et de curiosités, huile sur panneau de bois, 74 cm x 78 cm, 1636, Kunsthistorisches Museum, Vienne

A consulter : un article de la revue BeauxArts

>> un passage à retenir en particulier :
« Frans Franken II est apprécié pour ses coloris chatoyants mais surtout pour sa minutie qui le rapproche d’un miniaturiste, comme en témoignent ses peintures de cabinets d’amateurs, un genre dont il est l’inventeur et qui deviendra particulièrement en vogue à Anvers. Ses compositions regorgent de références savantes et raffinées, qui plaisent particulièrement à ses commanditaires. »


1. Présentez le document : auteur, titre, nature, date, auteur, lieu de conservation, contexte de l’époque.

  • identité du peintre :
  • lieu d’exercice du peintre :
  • contexte de l’époque :
  • titre de l’œuvre :
  • caractéristiques de l’œuvre :
  • date de l’œuvre :
  • lieu de conservation de l’œuvre :

2. Quelle représentation du monde suggèrent les thématiques des éléments qui constituent ce cabinet ?

  1. OBSERVER
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nature : paysages

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nature morte

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2. IDENTIFIER

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Il ne présente pas de difficulté particulière. C’est une scène à caractère religieux :
l’Adoration des mages (astronomes) qui ont été guidés jusqu’à Jésus par une étoile.

extrait de l’article de Wikipédia :
« Les trois hommes représentent très tôt les trois âges de la vie. Le nouveau-né complète d’ailleurs la série des trois âges qui deviennent ainsi quatre. C’est le roi ou le mage le plus âgé qui est représenté agenouillé devant l’enfant, formant avec lui un couple symbolique, l’articulation du passé et du futur. Selon une autre interprétation, les trois rois représentent les trois parties du monde alors connues : Europe, Asie et Afrique, d’où la présence, notamment chez les peintres nordiques d’un roi africain. »

Pourquoi l’or, la myrrhe et l’encens ?
L’or en hommage à la royauté du Christ, l’encens en hommage à sa divinité et la myrrhe, servant à embaumer les corps, annonce sa mort pour la rédemption de l’humanité.

Je retiens donc : religion chrétienne (naissance de Jésus, venu pour « sauver » l’humanité) – philosophie (réflexion sur le sens de la vie) – astronomie, astrologie et même géographie (3 mages = 3 continents).


Le zoom 4

Il s’agit très probablement d’un baliste commun. Ce poisson ne sera décrit et nommé qu’en 1789. Mais il est très présent en Méditerranée et dans l’Océan Atlantique. Il se singularise par une puissante mâchoire (22 dents) qui explique probablement sa présence dans ce cabinet de curiosités.


Le zoom 5

Il s’agit d’un coquillage, et plus précisément d’une conque. Une recherche rapide m’apprend que la conque est aussi le plus ancien instrument de musique de l’histoire de l’humanité (Préhistoire : -15 000 ans). La conque est utilisée dans de nombreux rites religieux dans le monde entier : voir l’importance de la conque dans le bouddhisme au Tibet ou au Japon. Elle renvoie aussi à la Création, aux origines du monde.


Je retiens donc : sciences naturelles (on dirait aujourd’hui conchyliologie – étude des mollusques à coquille – où l’on retrouve le mot « conque »), mais aussi musique, traditions et rites religieux, origine du monde…


Le zoom 9

Des pièces de monnaie anciennes. Que nous disent-elles ? Et peut-on parler, à cette époque (1636) d’archéologie ?
Le mot est attestée à partir de 1559, mais « les antiquaires (collectionneurs d’objets antiques ou de fragments remarquables) de la seconde Renaissance, celle des XVe et XVIe siècles, furent avant tout des amateurs d’antiquité, sans être de véritables archéologues. »
Donc nous avons affaire à un amateur d’antiquité. Essayons d’en savoir plus sur ces pièces.

un cheval, un cavalier sans armure…

Google Images me propose :

= monnaie antique gauloise (celtique)
autre pièce, en or cette fois : on distingue une figure féminine qui s’appuie sur quelque chose (un sceptre ?) à main droite et tient une sorte de double corne à main gauche.

Résultat de la recherche :

Concordia (déesse romaine sur un denier romain), qui est aussi l’autre nom de Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), le philosophe de la synthèse humaniste (« l’homme créateur de lui-même »), qui se faisait appeler comte de la Concordia !

Pour les autres pièces, tentez votre chance !

Je retiens donc : numismatique (discipline apparue au début du XVIe s., voir l’humaniste Guillaume Budé, De Asse, 1514) – antiquités gallo-romaines – archéologie – concorde, philosophie et humanisme


Le zoom 13

Un homme attaché (enchaîné) à une colonne. Vraisemblablement une statue antique ou une interprétation datant de la Renaissance. La référence à la mythologie est probable. Mais de qui peut-il s’agir ?
Je fais une requête sur Google avec les mots suivants : « héros+enchaîné+mythologie » et voici la réponse.

Il s’agit donc de Prométhée.

A quoi renvoie cette figure ?

Prométhée, Gustave Moreau, 1868,
Musée Gustave-Moreau, Paris

Le mythe est complexe, mais on peut en dégager sommairement quelques pistes : la place particulière de l’humanité dans la création, l’intelligence créatrice de l’homme, la raison, la connaissance, la liberté…
« Prométhée, c’est donc l’homme qui en définitive par son action se crée lui-même et achève en l’améliorant l’œuvre du créateur. »

Je retiens donc : humanisme, intelligence, connaissances, création, raison, liberté…


Le zoom 22

Google ne m’est d’aucun secours pour ce portrait. Mais à force de recherches, je découvre un portrait très similaire dans un autre Cabinet de curiosités peint par Frans Francken II.

L’idée me vient qu’il pourrait s’agir d’un autoportrait que le peintre a déposé au milieu de ses œuvres en guise de signature… Je recherche donc un portrait de l’artiste. J’en trouve un seul, que l’on doit au grand portraitiste flamand Antoon van Dyck (1599-1641). Voici ces 3 portraits réunis :

La conclusion n’est pas certaine, mais pas impossible non plus : il s’agirait d’un caméo (apparition furtive du portrait de l’artiste dans son tableau, une manière pour l’artiste de signer son œuvre.pratiquée en Italie dès le XVe siècle). Le développement de l’autoportrait marque le passage pour le fabricant d’images du statut d’artisan à celui d’artiste (créateur) et marque aussi le début de l’affirmation des droits de la personne humaine, qui se détache du groupe en soulignant son individualité.

Je retiens donc : autoportrait (genre artistique apparu en Europe à la Renaissance), artiste, créateur, affirmation de la figure individuelle (prélude à l’idée de droits de l’homme, qui émergera au XVIIIe siècle).

Le zoom 25

Un portrait d’homme. Le col de son vêtement indique un homme d’Église, un clerc, un savant. Mais comment en savoir plus ? Je vais faire ici appel à l’intelligence artificielle de Google en utilisant l’outil de recherche Google Images. Et je trouve ceci :

Correspondance visuelle proposée par Google Images

Il s’agit de Liévin van der Beken né en 1525 à Gand et décédé en 1595 à Bruxelles. Philologue et poète, érudit et bibliophile, il fut évêque d’Anvers de 1586 à 1595. Il a produit de nombreuses œuvres littéraires et scientifiques. Ses études juridiques et historiques, demeurées manuscrites, sont perdues, mais ses travaux philologiques ont été édités.

Je retiens donc : religion, érudition, bibliophilie (livres), poésie, philologie, littérature, droit, histoire, sciences… En un mot : humanisme.


Et maintenant, à vous de faire.
La clé ?
LA CURIOSITÉ !

Rendez-vous à l’article suivant pour l’étape 3 de cette étude :

3. SYNTHÉTISER


Le phénomène des cabinets de curiosités est analysé en 2012 par l’historien Antoine Schnapper dans son essai Le géant, la licorne et la tulipe. Les cabinets de curiosités en France au XVIIe siècle

On peut aussi consulter le catalogue d’exposition La licorne et le bézoard. Une histoire des cabinets de curiosités (Gourcuff Gradenigo, 2013).


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