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Category Archives: exercice

5.3.1. Protection, exploitation, transformation des milieux : rôle de l’État fédéral et des États fédérés aux États-Unis

États-Unis : un rapport paradoxal à l’environnement.

  • contradictions entre exploitation intensive des ressources naturelles
    (==> dégradation de l’environnement) et politiques de protection
  • divergences entre État fédéral et États fédérés ou métropoles
  • contrastes géographiques entre des espaces plus engagés que d’autres dans les politiques en faveur de l’environnement.
Podcast du cours manuel Nathan : p. 358-359
Podcast du cours du manuel Nathan : p. 360-361

Ci-dessous en pdf la version DYS du cours :


Carte 1 p. 356

4.3.1. La gestion du patrimoine français : évolution d’une politique publique

Cours p. 286-287
Jalon p. 288-289

Méthode :

  • mot-clé : acteurs (du patrimoine)
  • axe 1 : ils sont de plus en plus nombreux
  • axe 2 : en conséquence les problématiques liées à la politique du patrimoine évoluent.

voir aussi : la Mission Stéphane Bern (patrimoine immobilier en péril)

https://www.missionbern.fr/

4.2.3. Tourisme culturel à Venise : entre valorisation et protection

Venise voudrait moins de touristes
Le tourisme : une menace pour le patrimoine
La révolte ?
Venise se vide de ses habitants

https://www.lesinrocks.com/2018/06/08/actualite/societe/le-tourisme-est-il-en-train-de-tuer-venise/

https://www.lepoint.fr/societe/tourisme-l-appel-au-secours-de-venise-a-l-unesco-20-06-2019-2320191_23.php

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/restauration-hotellerie-sports-loisirs/venise-le-tourisme-menace-son-patrimoine_2658664.html


Sujet :
Pourquoi tourisme et patrimonialisation
fonctionnent-ils à la fois en interaction et en opposition ?
L’exemple de Venise.

Plan d’étude :

  1. Tourisme et patrimoine : à l’origine, il y avait des rapports de complémentarité.
  2. Cependant, l’essor du tourisme (fin du XXe s.) a fait se développer des tensions entre valorisation touristique, protection du patrimoine et vie urbaine.
  3. Alors des solutions sont envisagées pour concilier ces enjeux parfois contradictoires.

>> Documents du manuel : p. 274-275.

Cette étude peut prendre 2 formes :

  • Etude de 2 documents
  • Dissertation

======================

Plan proposé par le manuel :

Consigne :

retrouvez dans les 2 textes les éléments de réponse aux différentes sous-parties de ce plan.

1. Développement touristique et patrimonialisation : des rapports de complémentarité

1.1. Historiquement, le tourisme et le patrimoine se sont développés ensemble.

1.2. Car le tourisme a déclenché la patrimonialisation des villes en mettant en lumière leurs singularités.

2. Cependant, les excès de la fréquentation touristique mettent en péril le patrimoine.

2.1. Le tourisme de masse constitue un facteur de dégradation du patrimoine local.

2.2. Le surtourisme entraîne une spéculation immobilière facteur de gentrification et de muséification des villes.

3. Mise en œuvre de stratégies visant à concilier tourisme et protection du patrimoine.

3.1. Les mesures des acteurs publics visent à sanctionner les incivilités et les pratiques touristiques inappropriées
tout en encadrant le tourisme de masse.

3.2. Cependant, les acteurs locaux cherchent davantage à canaliser le tourisme qu’à le limiter
car cette fréquentation génère des ressources financières nécessaires à la conservation patrimoniale.

4.1.2.2. La Grèce exige le retour des frises du Parthénon : le corrigé

Réponses / corrigé :

  • exposer le contexte en 1801 et le contexte en 2020.

    En 1801, la Grèce appartient à l’Empire ottoman depuis le XIVe s. Elle a auparavant été byzantine et romaine. Et il n’y a jamais eu d’Etat grec à proprement parler puisque la Grèce antique était constituée de nombreuses cités-Etats dont Athènes et Sparte. La proclamation de l’indépendance de la Grèce date de 1830. C’est alors seulement qu’Athènes en devient la capitale et la colline de l’Acropole son symbole. En 2020, la Grèce fait partie de l’Union européenne et le Royaume-Uni en sort. C’est l’occasion pour la Grèce d’inclure cette question dans les négociations du Brexit.

    https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/londres-craint-que-la-restitution-des-frises-du-parthenon-s-invite-dans-les-negociations-du-brexit-20200220
  • quels sont les « acteurs » cités dans l’article ? En existe-t-il d’autres ?

    Le gouvernement grec (la Grèce), le Royaume-Uni (Londres), l’Empire ottoman (début du XIXe s.), le British Museum de Londres, le diplomate britannique Lord Elgin, les comités internationaux soutenant la restitution des marbres du Parthénon (dont l’Association internationale pour la réunification des sculptures du Parthénon), la ministre grecque de la Culture (Lina Mendoni), l’UNESCO (organisation liée à l’ONU), le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Autres : les opinions publiques, le peuple grec, les personnalités (people), d’autres Etats se trouvant dans la même situation que la Grèce par rapport à une spoliation ancienne….
  • l’enjeu matériel (les frises et autres marbres) : de quoi parle-t-on exactement lorsqu’on parle des frises du Parthénon ?

    Les frises du Parthénon sont en marbre et de style ionique (sur un bâtiment dorique). Elles mesurent 160 mètres de long et représentent 378 figures humaines et 245 animaux. L’ensemble entourait le sékos (partie fermée) du Parthénon qui est situé sur l’Acropole d’Athènes. Il fut sculptée sous la direction de Phidias entre 442 et 438 av. J.-C.
    (d’après wikipedia)
  • que s’est-il passé exactement à Athènes puis à Londres au début du XIXe siècle ?

    Lord Elgin, en 1801, obtint de l’empire ottoman un accès à l’Acropole.
    Un tiers des côtés sud et nord de la frise fut enlevé. En 1802, la moitié du décor sculpté du Parthénon fut aussi enlevée. À l’automne 1802, encore sept nouvelles plaques. Les travaux continuèrent jusqu’en 1804-1805. Les caisses furent envoyées à Londres.
    Lord Elgin loua une résidence sur Park Lane pour exposer sa collection en 1807 dans un « abri de jardin » ; les marbres furent rapidement très à la mode.
    Au début des années 1810, ce pillage fut dénoncé par le poète Lord Byron. Pressé par les problèmes financiers, Lord Elgin chercha à vendre sa collection. Le gouvernement anglais la racheta et installa les marbres au British Museum.
    (d’après wikipedia)
  • quelles ont été les étapes de la controverse depuis ?

    1832-1848 : négociations entre la Grèce et le Royaume-Uni
    1983 : la ministre de la Culture de l’époque, Melina Mercouri, réclame le retour des frises à Athènes.
    1997 : le nouveau ministre de la Culture britannique déclare à la BBC que le retour des marbres d’Elgin n’était “ni faisable ni raisonnable”.
    2008 : ouverture du nouveau musée de l’Acropole à Athènes
    2014 : l’Unesco demande le retour des frises du Parthénon
    2020 : la Grèce formule une nouvelle demande de restitution
  • quels ont été les arguments utilisés dans la controverse depuis 1801 jusqu’à 2020 ?

    Le gouvernement grec avance 2 arguments :
    le premier fait valoir que tout État doit pouvoir être propriétaire d’un élément essentiel de son patrimoine culturel ou historique ;
    le second est que la frise a été achetée au gouvernement ottoman qui ne représentait pas le peuple grec.
    À cette argumentation, le gouvernement britannique répond que la frise a été achetée au représentant de l’autorité souveraine en fonction au moment de la vente, c’est-à-dire l’Empire ottoman et que l’État britannique en est donc le légitime propriétaire. Quant au British Museum, il répond que les éléments de la frise font partie du patrimoine mondial et qu’elles sont plus accessibles au public à Londres qu’à Athènes. Les partisans du British Museum prétendent, également, que les marbres ont été mieux conservés à Londres que dans la pollution athénienne. (wikipédia)
  • quels sont les enjeux géopolitiques et patrimoniaux en 2020 ?

    En 2020, la Grèce sort d’une décennie marquée par une crise financière et économique majeure. Elle cherche à réaffirmer sa place dans l’UE et plus généralement dans l’Europe. Cela passe par le rappel du rôle fondateur de la culture grecque dans la civilisation européenne dans un moment où la Grèce doit faire face à la « nouvelle politique ottomane » du président Turc R.T. Erdogan. L’Europe a donc toutes les raisons d’écouter la demande grecque concernant la restitution des frises du Parthénon, surtout dans le contexte du Brexit.

  • citez d’autres exemples de problématiques similaires en France actuellement.

    Par exemple les biens pillés durant la colonisation.
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-lhistoire/le-journal-de-lhistoire-du-mardi-22-septembre-2020

4.1.2.1. Conflits de patrimoine : les frises du Parthénon depuis le XIXe siècle

La Grèce exige de Londres le retour des frises du Parthénon

Présentation du sujet :

https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000001518/athenes-et-londres-se-disputent-les-frises-du-parthenon.html

Sitographie :

https://www.connaissancedesarts.com/archeologie/athenes-vs-lebritish-museum-les-negociations-du-brexit-relancent-le-debatautour-de-la-restitution-des-marbres-du-parthenon-11133338/

https://www.nouvelobs.com/culture/20141211.OBS7630/marbresdu-parthenon-un-tresor-geostrategique.html

Article :

https://www.lepoint.fr/monde/la-grece-exige-de-londres-le-retour-des-frises-du-parthenon-23-05-2020-2376640_24.php

Ces marbres sont à Londres depuis le début du XIXe siècle.
Le Royaume-Uni refuse, jusqu’à présent, de les rendre à la Grèce.

Source AFP. Publié le 23/05/2020| Le Point.fr

La Grèce a formulé, samedi 23 mai, une nouvelle demande au Royaume-Uni pour que celui-ci lui retourne les frises en marbre du Parthénon, actuellement exposées eu British Museum de Londres. Ces frises, représentant des batailles mythiques entre les Grecs et des centaures, ont été extraites sur le site du Parthénon au début du XIXe siècle (1801) par le diplomate britannique Lord Elgin. Londres a toujours affirmé que ce « prélèvement » s’était effectué avec l’autorisation des autorités ottomanes qui dirigeaient la Grèce à l’époque.
« La réouverture des sites archéologiques […] est l’occasion pour les comités internationaux soutenant la restitution des marbres du Parthénon de réaffirmer leur demande incessante et celle du gouvernement grec d’un retour définitif des marbres dans leur patrie », écrit la ministre grecque de la Culture, Lina Mendoni, dans un communiqué. Les marbres ont été l’objet d’« un pillage » et la Grèce ne reconnaîtra jamais la propriété du British Museum sur les frises, affirme Lina Medoni.
Après deux mois de fermeture due à la pandémie de nouveau coronavirus, la Grèce a rouvert le 18 mai, sous strictes conditions sanitaires, l’Acropole d’Athènes, l’un des sites antiques les plus visités au monde, qui abrite notamment le mondialement célèbre Parthénon (…).
La Grèce fait campagne depuis plusieurs décennies pour la restitution des marbres et a un temps envisagé de poursuivre Londres devant la justice. Mais ces dernières années, Athènes a privilégié la voie diplomatique, proposant une médiation de l’Unesco (institution de l’ONU chargée de la culture et de l’éducation), une offre rejetée par le British Museum.

Élu en juillet 2019, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a officiellement demandé que ces frises soient prêtées à Athènes pour les célébrations du 200e anniversaire de l’indépendance grecque en 2021.

Questions :

  1. comparez le contexte géopolitique Royaume-Uni / Grèce de 1801 à celui de 2020.
  2. quels sont les « acteurs » cités dans l’article ? En existe-t-il d’autres ?
  3. l’enjeu matériel (les frises et autres marbres) : de quoi parle-t-on exactement lorsqu’on par le des frises du Parthénon ?
  4. que s’est-il passé exactement à Athènes, puis à Londres, à propos de ces frises au début du XIXe siècle ?
  5. quelles ont été les étapes de la controverse depuis cette époque ?
  6. quels ont été les arguments utilisés dans la controverse depuis 1801 jusqu’à 2020 ?
  7. quels sont les enjeux géopolitiques et patrimoniaux en 2020 ?
  8. citez un autre exemple d’une problématique similaire ( = liée à des questions de restitution) – en France par exemple – aujourd’hui.

4.1.1.3. Le château de Villers-Cotterêts : un chantier très politique

Sur l’usage politique du patrimoine (octobre 2020) :

https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/10/12/patrimoine-villers-cotterets-le-chantier-tres-politique-de-macron_6055646_3246.html

Patrimoine : le château de Villers-Cotterêts, le chantier très politique de M. Macron

Emmanuel Macron veut transformer ce château de la Renaissance en « une cité internationale de la langue française ».

Par Cédric Pietralunga, 12 octobre 2020

Laissé à l’abandon, le château de Villers-Cotterêts (Aisne) connaît depuis la rentrée une activité inédite. Près de 200 ouvriers s’y croiseront. Leur mission : transformer la demeure Renaissance, édifiée à partir de 1532 par François Ier , aujourd’hui à l’état de ruine, en une « cité internationale de la langue française » car c’est dans la chapelle du logis royal qu’a été signée en 1539 l’ordonnance imposant l’usage du français dans les documents administratifs et judiciaires, jusqu’alors rédigés en latin.

En mars 2017, alors en campagne pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron doit tenir ce soir-là un meeting à Reims, où il compte dévoiler son programme en matière de culture. Pour illustrer son propos, son équipe a décidé de faire un arrêt à Villers-Cotterêts, où Brigitte Macron l’accompagne. Soutien du candidat, Jacques Krabal, député radical de l’Aisne, insiste pour l’emmener au château, même si le logis royal est déjà inaccessible.

« Emmanuel et Brigitte sont entrés dans la cour extérieure, où des élus les attendaient pour leur présenter un projet de réhabilitation. Celui-ci prévoyait de transformer les lieux en hôtel et casino, avec des fonds privés. Quand ils ont entendu ça, Brigitte a levé les yeux au ciel et Emmanuel a dit qu’on ne pouvait pas laisser faire. » Le soir même, le futur chef de l’Etat annonce que s’il est élu, il rouvrira le château pour en faire « l’un des piliers symboliques de notre francophonie ». Une décision prise « en quelques heures », selon Jacques Krabal.

Mais une fois la décision prise, reste à la mettre en œuvre. Une gageure, tant le lieu est méconnaissable. Propriété de l’Etat depuis la Révolution française, le domaine a connu bien des vicissitudes. Reconverti en caserne puis en dépôt de mendicité au début du XIXe siècle, le château a pris peu à peu un aspect carcéral. Transformé en maison de retraite pour nécessiteux en 1889, le « petit Chambord » a peu à peu perdu son caractère royal. Au plus fort de sa fréquentation, près de 2 000 personnes s’y entassent.

Résultat : la quasi-totalité des pièces du château sont aujourd’hui vierges de toute décoration d’époque et il y règne une atmosphère de sanatorium décrépit. Les toits ont été recouverts de plaques en acier, pour éviter les infiltrations d’eau sur les murs léprosés. « Villers-Cotterêts, c’est un des plus grands scandales patrimoniaux de notre histoire », dit Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN).

Les seuls vestiges de l’époque Renaissance sont la chapelle royale et deux escaliers sculptés à l’entrée du logis. Mais leurs décorations sont plus belles que celles de Chambord. Dans la chapelle, la corniche ornée du chiffre royal « F » et de salamandres – l’animal choisi comme emblème par François Ier – est dans un excellent état de conservation. Sous les toits de tôle, il reste aussi des charpentes d’origine, intactes depuis le XVIe siècle.

« La restauration de Villers-Cotterêts peut être considérée comme le grand chantier d’Emmanuel Macron, au même titre que la Pyramide du Louvre le fut pour François Mitterrand ou le Musée du quai Branly pour Jacques Chirac », assure Stéphane Bern.

Le chef de l’État a décidé de prendre en charge la totalité du coût du chantier, soit 185 millions d’euros
C’est le chef de l’Etat qui a eu l’idée de transformer le domaine royal en « cité de la langue française », qui espère accueillir 200 000 visiteurs par an. Une référence à l’ordonnance signée en 1539, mais aussi au lieu de théâtre que fut le château picard : le Tartuffe de Molière y fut joué en 1664 devant Louis XIV et son frère Philippe d’Orléans. « L’objectif est de restaurer le château pour y accueillir un parcours consacré à la langue française, mais aussi des résidences pour écrivains, des formations à la lutte contre l’illettrisme, des entreprises de traduction, une librairie… », énumère-t-on à l’Elysée.

Emmanuel Macron a décidé de prendre en charge la totalité du coût du chantier, soit 185 millions d’euros. A l’origine, l’Etat ne devait apporter que 85 millions, le reste provenant d’investisseurs privés… Quelque 25 millions d’euros de mécénat étaient également envisagés. Un accord avec les Emirats arabes unis, sur le modèle de celui avec le Qatar pour l’hôtel de la Marine, à Paris, a été un temps discuté mais finalement abandonné.

Le chef de l’Etat a tranché cet été : 100 millions d’euros du plan de relance seront alloués au projet, qui compléteront la dotation initiale. L’Etat prendra notamment à sa charge la restauration des parties du domaine destinées à accueillir des opérateurs privés. « Sans cela, les investisseurs ne venaient pas, l’opération n’était pas viable économiquement pour eux, assure-t-on Rue de Valois. Avec 185 millions, on réalise l’ensemble de la partie culturelle mais aussi le clos et le couvert de la partie destinée au privé. » Une pépinière de start-up et deux hôtels sont envisagés. « L’Etat fait un geste fort pour se racheter de ses fautes », plaide l’entourage de M. Macron.

Pour le chef de l’Etat, ce chantier a également une valeur symbolique forte. C’est volontairement qu’il a choisi une ville de province, dirigée depuis 2014 par un maire Rassemblement national (RN), dans une région déshéritée et désindustrialisée, pour y réaliser le seul grand chantier de son mandat.
« Ce projet est aussi un enjeu de reconquête républicaine, affirme une conseillère. Villers-Cotterêts est emblématique de la volonté du président de ne pas oublier les lieux isolés, enclavés. Ces lieux font la France au même titre que les autres. »

« Emmanuel Macron pense que lorsque les Français voient leur patrimoine tomber en ruines, c’est l’Etat qui les abandonne, approuve Stéphane Bern. Tous les présidents ont voulu leur grand monument. Qu’un jeune chef d’Etat ne se jette pas dans l’art moderne mais dans le patrimoine est un beau symbole. »

Questions :

  1. Qui a fait édifier le château de Villers-Cotterêts ? A quelle époque ?
  2. Qu’est devenu ce lieu depuis la Révolution française ?
  3. Dans quel état se trouve ce château en 2017 ?
  4. A quels autres chantiers présidentiels ce chantier peut-il être comparé ?
  5. Quel est le projet mis en avant pour ce monument ?
  6. A quels événements historiques se réfère-t-il ?
  7. Quel est le coût estimé de ce projet ?
  8. Qui va le prendre en charge ?
  9. Quels seront les usages de ce site ?
  10. Quel est l’autre sens politique de ce choix d’un château à Villers-Cotterêts ?

Actualité :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/le-sommet-de-la-francophonie-2024-se-tiendra-au-chateau-de-villers-cotterets-dans-l-aisne-un-signe-de-confiance-et-d-espoir-2658992.html

4.1.1.2. Les usages de Versailles de 1800 à nos jours

Jalon p. 254-255

Problématique :

Quel sens géopolitique donner à la réception de M. Poutine à Versailles par M. Macron le 29 mai 2017 ?

https://www.lefigaro.fr/politique/2018/09/12/01002-20180912ARTFIG00005-le-chateau-de-versailles-lieu-diplomatique-prise-d-emmanuel-macron.php

https://www.pointdevue.fr/personnalites/emmanuel-macron-recoit-vladimir-poutine-versailles_623.html


Questions :

1. Quel est le contexte politique de cette visite du côté français ?

2. Quel est le contexte politique de cette visite du côté russe ?

3. Depuis quand Versailles est-il un lieu diplomatique important ?

4. Quel usage diplomatique les présidents successifs de la Ve République en ont-ils fait depuis 1958 ?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_visites_officielles_au_ch%C3%A2teau_de_Versailles

5. Quel message M. Macron veut-il envoyer à M. Poutine en l’invitant à Versailles et comment interprétez-vous la poignée de main échangée à l’arrivée de M. Poutine ?

6. Ce passage de la conférence de presse a été le plus repris par les médias ? Pourquoi ?

7. Quel bilan peut-on faire de ce « dialogue stratégique » avec la Russie au regard de notre actualité (en 2022) ?

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4.0.7. Le cabinet de curiosités : réaliser une carte mentale

  1. Regardez cette vidéo de présentation de GitMind.

https://gitmind.com

Guide de GitMind (cartes mentales et diagrammes)

2. Allez sur la page de démarrage de GitMind, puis à se connecter (en haut à droite) pour s’enregistrer (il est nécessaire d’avoir un compte pour démarrer puis enregistrer votre travail).

3. Démarrez votre carte mentale sur le thème du cabinet de curiosités :
cliquez sur « nouveau » >> « nouvelle carte mentale »

4. Organisez votre arborescence : à partir de l’élément central, ajoutez des sous-sujets en reprenant les éléments proposés dans la synthèse (4.0.5.2)

Lorsque votre carte mentale sera terminée, vous l’exporterez (onglet en haut à droite) au format pdf,
vous nommerez ce fichier pdf de la manière suivante : THGGSP_NOM_curiosités, et vous déposerez ce fichier dans l »Espace documentaire »
>> Documents partagés >> THGGSP_GUILLOU >> Thème 4 – >> 2022 – Cartes mentales curiosités

4.0.5.2. Étude d’un cabinet de curiosités : la synthèse.

Le moment de la synthèse n’est jamais facile : il s’agit à la fois de tout reprendre, de réordonner les éléments de dégager une idée ou plusieurs idées structurantes et de conclure.

Tentons l’exercice.

Au centre du dispositif, il y a le collectionneur qui n’est plus forcément un roi ou un prince (XVe et XVIe s.) mais souvent un noble ou un notable.
C’est un curieux, un érudit, qui s’intéresse aux arts et aux nouvelles découvertes, à la jonction entre le clerc du Moyen-Âge et le scientifique des siècles à venir.

Une clé de lecture nous est fournie sous la forme de 2 indices : Prométhée et le verrou

  • statue de l’homme enchaîné à une colonne : Prométhée, le titan qui vole le feu sacré aux dieux (le feu, métaphore de la connaissance et de la capacité créatrice) pour le donner aux hommes
  • le verrou au 1er plan (qu’il suffit de déverrouiller pour ouvrir la porte des mystères du monde)

== > connaissances, sciences et techniques
= l’homme est désormais placé au centre du monde (Pic de la Mirandole – XVe s.)
= un monde à comprendre et à découvrir, à conquérir même.

DONC :
l’homme curieux du monde
= un humaniste face aux mirabilia
(le cabinet de curiosités, c’est aussi le cabinet des merveilles)
+ une grille de lecture : nature et culture
<==> un monde que les hommes commencent à s’approprier
= une vision de transition entre le merveilleux et l’approche humaniste
==> à venir : l’appropriation du monde par la connaissance (les sciences – de l’homme et de la nature)

merveilles de la nature (naturalia) : paysages, animaux naturalisés, coquillages, fossiles, pierres précieuses
==> sciences naturelles, géologie, géographie, cartographie = exploration du globe

mystères du passé (antiquaria) : histoire, archéologie, paléontologie : pièces anciennes, lampes à huile, fioles, statues antiques, fossile

merveilles du savoir-faire humain (artificilia) = arts, artisanat et techniques :
peinture, sculpture, belles-lettres (littérature et poésie), musique, céramique, poterie, orfèvrerie

mystères de la croyance et exigence morale (spiritualia) : religion gréco-romaine, religion chrétienne, l’homme face au divin (Prométhée & Jésus = enjeux du sacrifice et du salut de l’humanité)

PHILOSOPHIE :

nous observons l’émergence de la figure de l’humaniste (« l’homme au centre de toutes choses ») et celle de l’individu (individualisme) : une évolution qui va devenir la caractéristique majeure de la pensée occidentale, et qui amènera à la définition des droits humains et à l’avènement de la démocratie (voir ce thème étudié en 1re HGGSP).

SCIENCES :

l’image annonce le développement des sciences modernes aux XVIIe et XVIIIe siècle qui fut la conséquence directe de cette « curiosité du monde ».
En 1632, Galilée a publié le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. En 1637, René Descartes publie Le Discours de la méthode. Et quelques années plus tard, à Rouen, le jeune Blaise Pascal mit au point la première machine à calculer (la pascaline).

DONC : un basculement, une transition d’un monde à l’autre.

4.0.5.1. Un exemple de patrimoine privé : un cabinet de curiosités au XVIIe siècle


Qu’est-ce qu’un cabinet de curiosité ?

https://histoire-image.org/etudes/cabinets-curiosites

France3 – Nouvelle Aquitaine – juin 2020
L’exposition « les chambres des merveilles » au château de Cadillac, vous invite à partir à la découverte de cabinets de curiosités animés, lumineux ou sonores où sont réunis plusieurs centaines d’objets étonnants.
Reportage : Nathalie Pinard de Puyjoulon, Dominique Mazères


Une oeuvre pour comprendre :

Frans Franken II (1581-1642), Cabinet d’art et de curiosités, huile sur panneau de bois, 74 cm x 78 cm, 1636, Kunsthistorisches Museum, Vienne

A consulter : un article de la revue BeauxArts

>> un passage à retenir en particulier :
« Frans Franken II est apprécié pour ses coloris chatoyants mais surtout pour sa minutie qui le rapproche d’un miniaturiste, comme en témoignent ses peintures de cabinets d’amateurs, un genre dont il est l’inventeur et qui deviendra particulièrement en vogue à Anvers. Ses compositions regorgent de références savantes et raffinées, qui plaisent particulièrement à ses commanditaires. »


1. Présentez le document : auteur, titre, nature, date, auteur, lieu de conservation, contexte de l’époque.

  • identité du peintre :
  • lieu d’exercice du peintre :
  • contexte de l’époque :
  • titre de l’œuvre :
  • caractéristiques de l’œuvre :
  • date de l’œuvre :
  • lieu de conservation de l’œuvre :

2. Quelle représentation du monde suggèrent les thématiques des éléments qui constituent ce cabinet ?

  1. OBSERVER
zoom 1
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nature : paysages

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nature morte

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zoom 28

2. IDENTIFIER

Le zoom 1
Il ne présente pas de difficulté particulière. C’est une scène à caractère religieux :
l’Adoration des mages (astronomes) qui ont été guidés jusqu’à Jésus par une étoile.

extrait de l’article de Wikipédia :
« Les trois hommes représentent très tôt les trois âges de la vie. Le nouveau-né complète d’ailleurs la série des trois âges qui deviennent ainsi quatre. C’est le roi ou le mage le plus âgé qui est représenté agenouillé devant l’enfant, formant avec lui un couple symbolique, l’articulation du passé et du futur. Selon une autre interprétation, les trois rois représentent les trois parties du monde alors connues : Europe, Asie et Afrique, d’où la présence, notamment chez les peintres nordiques d’un roi africain. »

Pourquoi l’or, la myrrhe et l’encens ?
L’or en hommage à la royauté du Christ, l’encens en hommage à sa divinité et la myrrhe, servant à embaumer les corps, annonce sa mort pour la rédemption de l’humanité.

Je retiens donc : religion chrétienne (naissance de Jésus, venu pour « sauver » l’humanité) – philosophie (réflexion sur le sens de la vie) – astronomie, astrologie et même géographie (3 mages = 3 continents).


Le zoom 4

Il s’agit très probablement d’un baliste commun. Ce poisson ne sera décrit et nommé qu’en 1789. Mais il est très présent en Méditerranée et dans l’Océan Atlantique. Il se singularise par une puissante mâchoire (22 dents) qui explique probablement sa présence dans ce cabinet de curiosités.


Le zoom 5

Il s’agit d’un coquillage, et plus précisément d’une conque. Une recherche rapide m’apprend que la conque est aussi le plus ancien instrument de musique de l’histoire de l’humanité (Préhistoire : -15 000 ans). La conque est utilisée dans de nombreux rites religieux dans le monde entier : voir l’importance de la conque dans le bouddhisme au Tibet ou au Japon. Elle renvoie aussi à la Création, aux origines du monde.


Je retiens donc : sciences naturelles (on dirait aujourd’hui conchyliologie – étude des mollusques à coquille – où l’on retrouve le mot « conque »), mais aussi musique, traditions et rites religieux, origine du monde…


Le zoom 9

Des pièces de monnaie anciennes. Que nous disent-elles ? Et peut-on parler, à cette époque (1636) d’archéologie ?
Le mot est attestée à partir de 1559, mais « les antiquaires (collectionneurs d’objets antiques ou de fragments remarquables) de la seconde Renaissance, celle des XVe et XVIe siècles, furent avant tout des amateurs d’antiquité, sans être de véritables archéologues. »
Donc nous avons affaire à un amateur d’antiquité. Essayons d’en savoir plus sur ces pièces.

un cheval, un cavalier sans armure…

Google Images me propose :

= monnaie antique gauloise (celtique)
autre pièce, en or cette fois : on distingue une figure féminine qui s’appuie sur quelque chose (un sceptre ?) à main droite et tient une sorte de double corne à main gauche.

Résultat de la recherche :

Concordia (déesse romaine sur un denier romain), qui est aussi l’autre nom de Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), le philosophe de la synthèse humaniste (« l’homme créateur de lui-même »), qui se faisait appeler comte de la Concordia !

Pour les autres pièces, tentez votre chance !

Je retiens donc : numismatique (discipline apparue au début du XVIe s., voir l’humaniste Guillaume Budé, De Asse, 1514) – antiquités gallo-romaines – archéologie – concorde, philosophie et humanisme


Le zoom 13

Un homme attaché (enchaîné) à une colonne. Vraisemblablement une statue antique ou une interprétation datant de la Renaissance. La référence à la mythologie est probable. Mais de qui peut-il s’agir ?
Je fais une requête sur Google avec les mots suivants : « héros+enchaîné+mythologie » et voici la réponse.

Il s’agit donc de Prométhée.

A quoi renvoie cette figure ?

Prométhée, Gustave Moreau, 1868,
Musée Gustave-Moreau, Paris

Le mythe est complexe, mais on peut en dégager sommairement quelques pistes : la place particulière de l’humanité dans la création, l’intelligence créatrice de l’homme, la raison, la connaissance, la liberté…
« Prométhée, c’est donc l’homme qui en définitive par son action se crée lui-même et achève en l’améliorant l’œuvre du créateur. »

Je retiens donc : humanisme, intelligence, connaissances, création, raison, liberté…


Le zoom 22

Google ne m’est d’aucun secours pour ce portrait. Mais à force de recherches, je découvre un portrait très similaire dans un autre Cabinet de curiosités peint par Frans Francken II.

L’idée me vient qu’il pourrait s’agir d’un autoportrait que le peintre a déposé au milieu de ses œuvres en guise de signature… Je recherche donc un portrait de l’artiste. J’en trouve un seul, que l’on doit au grand portraitiste flamand Antoon van Dyck (1599-1641). Voici ces 3 portraits réunis :

La conclusion n’est pas certaine, mais pas impossible non plus : il s’agirait d’un caméo (apparition furtive du portrait de l’artiste dans son tableau, une manière pour l’artiste de signer son œuvre.pratiquée en Italie dès le XVe siècle). Le développement de l’autoportrait marque le passage pour le fabricant d’images du statut d’artisan à celui d’artiste (créateur) et marque aussi le début de l’affirmation des droits de la personne humaine, qui se détache du groupe en soulignant son individualité.

Je retiens donc : autoportrait (genre artistique apparu en Europe à la Renaissance), artiste, créateur, affirmation de la figure individuelle (prélude à l’idée de droits de l’homme, qui émergera au XVIIIe siècle).

Le zoom 25

Un portrait d’homme. Le col de son vêtement indique un homme d’Église, un clerc, un savant. Mais comment en savoir plus ? Je vais faire ici appel à l’intelligence artificielle de Google en utilisant l’outil de recherche Google Images. Et je trouve ceci :

Correspondance visuelle proposée par Google Images

Il s’agit de Liévin van der Beken né en 1525 à Gand et décédé en 1595 à Bruxelles. Philologue et poète, érudit et bibliophile, il fut évêque d’Anvers de 1586 à 1595. Il a produit de nombreuses œuvres littéraires et scientifiques. Ses études juridiques et historiques, demeurées manuscrites, sont perdues, mais ses travaux philologiques ont été édités.

Je retiens donc : religion, érudition, bibliophilie (livres), poésie, philologie, littérature, droit, histoire, sciences… En un mot : humanisme.


Et maintenant, à vous de faire.
La clé ?
LA CURIOSITÉ !

Rendez-vous à l’article suivant pour l’étape 3 de cette étude :

3. SYNTHÉTISER


Le phénomène des cabinets de curiosités est analysé en 2012 par l’historien Antoine Schnapper dans son essai Le géant, la licorne et la tulipe. Les cabinets de curiosités en France au XVIIe siècle

On peut aussi consulter le catalogue d’exposition La licorne et le bézoard. Une histoire des cabinets de curiosités (Gourcuff Gradenigo, 2013).